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La presse sur Internet peut-elle être rentable ? Thèse de Matthieu de Vivie

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Il y a des thèses professionnelles plus professionnelles que d'autres... Je connais bien la thèse de Matthieu de Vivie car j'ai eu la chance d'être son tuteur pendant la rédaction de sa thèse en sortie du mastère MNT (HEC Paris - Télécom Paristech) dans lequel j'interviens. J'ai cherché à l'aider et le challenger autant que j'ai pu pour qu'il pousse sa réflexion au-delà des habituels lieux communs qu'on peut trouver sur le Net. Grâce à Florence Terray, il a pu rencontrer un grand nombre d'acteurs de la presse et son travail final est un must read pour qui aujourd'hui s'intéresse à l'avenir de ce secteur en pleine crise.

N'hésitez pas à lui faire un retour sur son travail et participer à la réflexion

Bonne lecture

En complément, je vous invite à découvrir deux news récentes qui témoignent de la crise de la presse et de ses errements concernant son avenir :

  • Pour lutter contre la contraction du marché publicitaire en période de crise, Rupert Murdoch veut rétablir un modèle payant sur ses sites de presse (via Infos du Net)
  • Les experts (pas de précision sur leur identité, un peu léger comme travail journalistique) jugent qu'en migrant uniquement sur Internet, un journal économise 65 % de ses coûts mais perd 90 % de ses revenus (via le Monde)

La presse sur Internet peut-elle être rentable?

Raphaël
Fétique
Associé

Commentaires

bonjour,

étude interessante, même si je n'ai pas tout parcouru il me semble que vous n'évoquez pas Journadunet.fr qui salarie plus de 100 journalistes et il me semble est largement rentable.

Bonjour Mathieu;

Merci pour cet excellent travail.
Une chose me chagrine pourtant. Par presse, tu as exclusivement traité de presse quotidienne, laissant de coté la presse magazine.
Or, il s'est passé des choses très intéressantes sur ce secteur. Là encore, les acteurs traditionnels ont traîné les pieds. Ce sont des pure players qui ont raflé la mise. Eux, ont semble-t-il trouvé une rentabilité.
Ils ont ainsi obligé les grands groupes de média a des rachats fort couteux.
Il y en a eu légion les 3 dernières années, pour des sommes rondelettes. De (mauvaise) mémoire, AlloCiné, Evene, AuFeminin.com, programme-tv.net...

En effet, Matthieu a orienté ses travaux vers la presse quotidienne car sinon le travail devenait trop vaste pour le temps imparti.

Je pense en effet qu'il y a pas mal de choses à retenir de la presse magazine. Si Matthieu reprend la plume pour écrire quelque chose de plus conséquent, je m'imagine qu'il ne fera pas cette impasse.

Concernant l'histoire des rachats, il faut se rappeler qu'il y a au moins 2 stratégies de développement lorsqu'on lance un projet :
- je fais la mariée belle pour un rachat en affichant des forts taux de croissance et en me souciant de manière secondaire de la rentabilité
- je n'ai pas vocation à vendre, ou pas tout de suite, et je me concentre donc sur ma rentabilité.

Derrière les moyens ne sont pas les mêmes, et les choix qui sont faits non plus. Un pure player qui se lance peut finalement faire les choix que bon lui semble, un acteur qui dispose déjà d'autres supports devra prendre garde à construire un projet qui ne vient pas pénaliser ses autres canaux...

@martin très intéressant ton article et ses liens. oui, c'est vrai, le débat sur les micro-paiements sont vifs ces derniers temps et l'idée est séduisante (elle a refait surface après la rédaction de mon mémoire). Les paiements sur Kindle, Apple Store peuvent constituer une source complémentaire de revenus, sur un modèle freemium, en faisant pourquoi pas payer pour des services ou du contenu extra.

De là à conquérir le web, c'est un avis personnel mais j'en doute. Il faudrait par exemple que tous les sites d'informations concurrents décident de rendre leur contenu payant, celui repassant au gratuit gagnant l'audience et les revenus publicitaires (une sorte de dilemme du prisonnier à n joueurs).

à lire aussi ces articles de Francis Pisani ( Un gadget peut-il sauver la presse? et Clay Shirky <a href="/%3Ca%20href%3D"http://www.shirky.com/weblog/2009/03/why-itunes-is-not-a-workable-model-for-the-news-business/">http://www.shirky.com/weblog/2009/03/why-itunes-is-not-a-workable-model-..." Why iTunes is not a workable model for the newspaper business, Why Small Payments Won’t Save Publishers avec des arguments percutants.

Je pense que Thibault touche à plusieurs questions cruciales :
- la question de la crédibilité/fiabilité du média et du journaliste
- la scission entre la presse de dépêche et la presse d'analyse

La presse traditionnelle (et surtout papier) est désavantagée sur le terrain du scoop, du spectaculaire, du people, du conseil pratique... La rentabilité de ce type de presse passe par des coûts faibles. Il n'y a pas ou peu besoin de journalistes pour faire cela.

A mon avis, le salut de la presse traditionnelle passe par une stratégie de différenciation radicale : de l'investigation et des plumes.
Autrement dit, donner du sens et capitaliser sur la personnalité de ses journalistes... et le faire savoir !

Salut Matthieu,

Bravo pour ton rapport. Je l'ai lu et l'ai trouvé très intéressant. Je trouve qu'il présente très bien les enjeux de la presse sur internet.
En ce qui concerne les solutions, tu proposes aux journaux de faire du journalisme de lien et d'agréger l'information. Cette dimension va sûrement se révéler cruciale à l'avenir et elle est certainement susceptible de trouver des débouchés financiers intéressants.
Cela montre qu'il est possible de faire de l'argent sur internet dans la chaîne de valeur de l'information. Mais le problème n'est-il pas d'arriver à rentabiliser, directement ou indirectement, l'activité amont de la chaîne de valeur de l'information, à savoir la production d'information ? (production d'information "d'aide à la décision") Et même, pour être plus précis, de rentabiliser la production d’information par des journalistes ayant des références « institutionnelles » ? Dans ta première partie, tu montres toute la défiance à laquelle doit faire face la presse "institutionnelle". Mais il me semble que nous tenons malgré tout à ce type de presse,et que les réflexions sur l’avenir de la presse visent, explicitement ou implicitement, à la préserver.
Et finalement, avant même d’essayer de définir un mode de financement pour cette activité, est-on au moins sûr qu'il en existe un ?

@MagicYoyo

Merci pour ton commentaire. Oui en fait je me suis concentré sur la presse généraliste, et donc en particulier sur les quotidiens (les sites hebdos généralistes ont aussi une forte audience).

Sur internet les audiences sont fragmentés et les sites spécialisés savent en tirer parti par du contenu et des publicités mieux adaptés. Dans mon mémoire, je parle d’exemples US : des blogs high-tech comme RWW ou TechCrunch, des "portails" comme CNET, des réseaux de contenus féminins comme Glam, etc. Et comme tu le soulignes, des pure players français comme Allociné ou Au Féminin marchent très bien.

Il y aurait de nombreuses leçons à tirer de ces pure-players : flexibilité, innovations technologiques, gestion des communautés, dialogue avec les internautes, réseaux sociaux, fonctionnement en réseaux (glam, google), business modèles innovants, etc

Je ne me fais pas de soucis pour ces sites, ils sont déjà rentables. Aussi sur du contenu spécialisé (blogs d'experts comme Eolas pour le droit, les sites high tech, féminins, etc) ou les communautés d’internautes (Allociné, Amazon, etc) sont aujourd’hui beaucoup plus pertinents que la presse. Par contre, les reportages, le travail d’investigation, les enquêtes longue durée, ou même l’information généraliste demandent des ressources financières importantes, l'accès à certains interlocuteurs, du temps... et ne sont aujourd’hui pas rentables.

Une des stratégies pour les gros groupes de presse est alors de se diversifier en rachetant des pure players comme le fait LeFigaro. Ou de miser sur l’innovation technologique comme le NYT (lire leur blog Times Open ou cet article de Youssef Rahoui). à propos, Narvic énumère quelques autres champs d’expérimentation très intéressants : Pour un journalisme expérimental

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