NRF 2026 | Commerce agentique : décryptage des nouveaux enjeux du retail
Thomas Faivre-Duboz, Senior Manager et co-founder, Converteo
Cofondateur de Converteo, Thomas Faivre-Duboz décode depuis Toronto les macrotendances qui redéfinissent le business mondial. Partenaire et expert IA & Retail, Pierre-Eric Bénéteau traduit ces révolutions en stratégies concrètes pour les marques qui veulent garder une longueur d’avance.
À retenir
- Le commerce agentique devient une réalité opérationnelle. Des IA autonomes, capables de choisir et d’acheter, s’intègrent progressivement dans l’écosystème du retail.
- Avec son protocole UCP, Google établit un standard qui préfigure les futures places de marché de l’e-commerce, où les IA opéreront, modifiant les règles de la visibilité en ligne.
- Comment s’adapter ? En enrichissant vos flux produits pour « parler » le langage de l’IA et en développant vos propres agents pour ne pas devenir un simple fournisseur des écosystèmes Google ou OpenAI.
- Pour les retailers, l’enjeu est double : s’adapter à cette nouvelle intermédiation tout en exploitant le potentiel des agents pour leurs propres opérations, du service client à l’expérience en magasin .
L’édition 2026 de la NRF, a acté la fin l’ère des expérimentations IA est terminée. La véritable révolution n’est plus l’IA qui recommande, mais l’IA qui agit. Le commerce agentique, cette vision d’une intelligence artificielle capable de gérer des transactions de manière autonome est désormais une réalité imminente qui s’apprête à redéfinir les règles du jeu pour les retailers et les consommateurs.
La question n’est plus de savoir si les agents IA vont transformer le e-commerce, mais à quelle vitesse et qui en dictera les standards.
UCP : Google pose les fondations du commerce agentique
L’annonce la plus structurantes de la NRF2026 est sans doute le lancement par Google de l’UCP (Universal Commerce Protocol). Son but : créer une infrastructure technique unifiée pour que les agents IA, les plateformes des retailers et les systèmes de paiement puissent interagir de manière fluide. Cela ouvre la voie à des parcours d’achat délégués, où le consommateur exprime un besoin et laisse l’IA gérer la recherche et la sélection.
Deux dynamiques de marché à comprendre
Cette évolution dessine deux mouvements parallèles pour les entreprises du secteur :
- Le nouveau rôle des plateformes : Des interfaces comme Gemini ou ChatGPT deviennent des canaux de transaction potentiels. Le risque pour une marque est de voir son rôle réduit à celui de fournisseur, si elle ne maîtrise pas sa présence sur ces nouveaux points de contact.
- L’opportunité pour les marques : En réponse, des retailers développent déjà leurs propres agents experts. L’objectif est de créer une expérience client si pertinente (conseil, aide au projet, service) que le consommateur privilégie cet écosystème propriétaire.
Un nouveau paradigme : du parcours d’achat au « projet » d’achat
Pour le consommateur, ce changement se traduit par une expérience plus directe. La phase de recherche et de comparaison, souvent manuelle, est désormais déléguée à l’agent. L’utilisateur n’aura plus qu’à décrire une intention ou un projet. Par exemple, une requête comme « Je pars à la pêche ce week-end, proposez-moi l’équipement adapté à la météo locale » ou « Aidez-moi à rénover ma salle de bain avec ces plans » illustre ce nouveau mode d’interaction.
Ce paradigme introduit une nouvelle forme d’intermédiation, qui représente un enjeu stratégique pour les retailers. Certains acteurs majeurs ont déjà commencé à intégrer cette logique : Home Depot développe un agent guidant les projets de bricolage, tandis que Pandora automatise une partie de son service client, avec des résultats mesurables comme une amélioration du NPS.
Un nouveau paradigme : du parcours d’achat au « projet » d’achat
Pour le consommateur, ce changement se traduit par une expérience plus directe. La phase de recherche et de comparaison, souvent manuelle, est désormais déléguée à l’agent. L’utilisateur n’aura plus qu’à décrire une intention ou un projet. Par exemple, une requête comme « Je pars à la pêche ce week-end, proposez-moi l’équipement adapté à la météo locale » ou « Aidez-moi à rénover ma salle de bain avec ces plans » illustre ce nouveau mode d’interaction.
Ce paradigme introduit une nouvelle forme d’intermédiation, qui représente un enjeu stratégique pour les retailers. Certains acteurs majeurs ont déjà commencé à intégrer cette logique : Home Depot développe un agent guidant les projets de bricolage, tandis que Pandora automatise une partie de son service client, avec des résultats mesurables comme une amélioration du NPS.
L’impact de l’agentique s’étend à toute la chaîne de valeur du Retail
Cette révolution ne se limite pas à l’interface client. L’IA agentique infuse toute la chaîne de valeur du retail :
- Opérations marketing : Le concept de « Creative Factory » se concrétise, avec des IA capables de générer des campagnes (textes, images, vidéos) à grande échelle, pour réduire les coûts et les délais de production.
- Expérience en magasin : Des technologies comme la computer vision (illustrée par la startup XXII) permettent d’analyser les flux en magasin avec la même finesse qu’un site web, ouvrant la voie à l’optimisation des parcours physiques.
- Vendeur augmenté : Des outils d’assistance en temps réel fournissent aux vendeurs des recommandations de cross-sell (comme chez Dior), dans le but d’améliorer la performance commerciale.
5 chantiers pour piloter la transformation agentique
Intégrer le commerce agentique relève moins d’un projet technique que d’une vision d’entreprise. Voici 5 chantiers clés pour préparer l’avenir :
- La transition vers le commerce agentique est moins un défi technique qu’une décision stratégique. Pour la piloter avec succès, cinq chantiers sont fondamentaux :
- Aligner la stratégie IA sur les objectifs métiers. La première étape consiste à définir la finalité : l’IA doit-elle générer de la croissance, améliorer la productivité, ou renforcer l’innovation ? Une vision claire permet d’aligner les initiatives et de mesurer l’impact réel.
- Instaurer une culture de l’apprentissage continu. Le rythme de l’innovation technologique impose de dépasser le modèle de la formation ponctuelle. La clé est d’intégrer une veille permanente et d’acculturer les équipes aux nouveaux outils et paradigmes.
- Auditer et simplifier les processus métiers. L’IA est plus efficace sur des bases saines. Avant d’automatiser, il est essentiel de cartographier, questionner et optimiser les parcours clients et les opérations internes existants.
- Structurer la donnée en tant qu’actif stratégique. C’est le socle. Les projets doivent viser à centraliser, nettoyer, enrichir et rendre accessibles les données (produit et client) pour qu’elles deviennent exploitables par les agents.
- Construire une architecture agentique maîtrisée. Au-delà du choix des outils, l’enjeu est la gouvernance. Il s’agit d’adopter une approche modulaire pour orchestrer les agents tout en gardant un contrôle strict sur les coûts, la performance et la pertinence des interactions.
L’ère du commerce agentique ouvre de nouvelles perspectives. Les entreprises qui l’intégreront dans leur vision stratégique se positionneront pour la croissance de demain.